Buée floue

vado via

le 20/06/2006 à 11h27

  Je pars. Sur la route du voyage, je pars, suivant les caravanes ou les oiseaux. Je pars, sur le chemin, en exil. Je pars, aussi loin que mes petites jambes pourront me porter. Je marche, sur la terre brûlante. Je marche dans les champs immenses. Je marche pour trouver une réponse, une étoile, à ma quête. Je cours, derrière le vent frais qui m'apporte les nouvelles du large. Je m'arrête sur la route car le ciel s'assombri. Je suis noir, sur le goudron, noir. Demain le monde sera à moi.


                                    Vado via ... Je suis l'enfant et je vous quitte à la recherche de ma vie...


 

...

le 20/06/2006 à 11h17

                    Une fille quelque part au bord du Xénil


 


Ils sont venus avec des fleurs


Avec des chansons de voleurs


Et des étoffes de couleur


 


Le jour les fuit la nuit les craint


Plus pâle que leur tambourins


Leur lèvre a goût de romarin


 


Et leur baisers saignent la mûre


A peine il frappe la mesure


Leur pied a perdu sa chaussure


 


Dansant déjà comme on gémit


Entre les bras de son amie


Et déjà la terre en frémit


 


La voix leur sort on dirait l'âme


On dirait du fourreau la lame


On dirait du ventre la flamme


 


Ils ont les yeux de l'arabie


Ces garçons pareils au pain bis


Si prompts à quitter leurs habits


 


Comme un fleuve sort de ses rives


Qu'on les prendrait pour la chaux vive


Car l'eau même leur est lascive


 


O trouble d'un soir étoilé


Vous qui semblez vous qui semblez


Bleuets noirs dans le sein des blés


 


Cruelle ivraie à qui s'enivre


Rien qu'à vous voir le coeur se livre


Le coeur se meurt à vous voir vivre


 


    Poème de louis ARAGON que Michel m'a fait lire.


 


 


 


 


 

...

le 20/06/2006 à 10h36

"Le temps ce miroir à trois faces


Avec ses volets rabattus


Futur et passé qui s'effacent


J'y vois le présent qui me tue."


          Parole d'Elsa dans le receuil Le fou d'Elsa de louis ARAGON

ARAGON

le 20/06/2006 à 10h22

                            Fable du navigateur et du poète


Tu vas t'assoir dans ton destin


Parmi les autres sans figure


O poète ô lumière obscure


Un jour une nuit un matin


 


Avec eux tu creuses ta tombe


Avec eux compte les instants


Au fond de la combe du temps


Où s'étrangle un chant de  colombe


 


Dis-moi t'es-tu souvenu là


De la douce musique étrange


Que pour les gitans et les anges


Jouait Manuel de Fallas


 


Mais la musique et les poèmes


Se sont évanouis soudain


T'es tu souvenu des jardins


T'es-tu souvenu de toi même


 


Vivre ou mourir as-tu choisi


Mais noir au chemin de ta mort


Etait le sang des zarzamores


Et qu'y pouvait ta poésie


 


Car qu'il t'ai mis au pied du mur


Ou comme le gibier tiré


Que ce fût le val ou le pré


Les fruits de la ronce étaient mûrs


 


On ne distinguera jamais


Tes os blanchis entre les crânes


Et de Grenade à Maligrane


Tes chants des champs que tu aimais


 


Par ca bouche déjà pénètre l'eau de pluie


Laissez ses yeux ouverts que sont regard s'efface


Et pour qu'il s'habitu à cette mort en lui


Il ne faut pas cacher sous un mouchoir sa face


 


Et vous du fond des temps ô fantome svenus


Au-dessus de sa mort montez montez la garde


Chaque étoile est un pleur et le ciel vous regarde


Millions de douleurs qui gèlent dans la nue


 


Tout ce que l'homme fut de grande et de sublime


Sa protestation ses chant ses héros


Au-dessus de ce corp et contre ces bourreaux


A Grenade aujourd'hui surgit devant le crime


 


Et cette bouche absente et Lorca qui s'est tu


Emplissant tout à coup l'univers de silence


Contre les violents tournent la violence


Dieu le fracas que fait un poète qu'on tue 


 


Ah je désèspère de mes frères sauvages


Je voyais je voyais l'avenir à genoux


La bête triomphante et la piere sur nous


Et le feu des soldats porté sur nos rivages


 


Quoi se serais toujours par atroce marché 


Un partage incessant que se font de la terre


Entre eux ces assassins que craignent les panthères


Et dont tremble un poignard quand leur main l'a touché


 


Quoi toujours ce serait la guerre la querelle


Des manières de rois et des fronts prosternés


Et l'enfant de la femme inutilement né


Les blés déchiquetés toujours des sauterelles


 


Quoi les bagnes toujours et la chair sous la roue


Le massacre toujours justifié d'idoles


Aux cadavres jetés ce manteau de paroles


Le bâillon pour la bouche et pour la main le clou


 


Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange


Un jour de palme un jour de feuillage au front


Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront


Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche


 


Et le plus simplement du monde il y aura


La jeunesse d'aimer et les yeux des pervenches


Des parfums plus profonds et des aubes plus blanches


Et le tendre infini dont m'entoure tes bras


 


        Où t'en vas-tu mon amour à cette heure des larmes


 


                                Louis ARAGON


 


 

lulu...

le 10/06/2006 à 22h04
C'est la joie avec un grain de folie (pas que de folie d'ailleurs).C'est un peu Dalida et un peu Romy Schneider. Un peu l'écriture, la poésie. Un peu l'art, l'art avec des pattes...Qui se balade dans les rues. Qui vous passe à coté avec sa petite frimousse, un peu espagnole, tipée arabe. On ne sait pas. Une pensée, un souvenir, un peu de nostalgie, parfois. C'est ma lulu, que serais- je sans toi qui viens à ma rencontre. Toi qui est "passionnément illuminée"...
Ha bin voila. Maintenant g suis comme vous: une vieille. J'ai souffler mes 16 bougies, c'est bien triste... de vieillir.

seul...

le 08/06/2006 à 15h26

  "C'est le silence qu'on remarque le plus"...


Seul, assis, sur un bout du monde. A la dérive. Je contemple l'immensité de mon ignorance. Un jour, je partirai. Je partirai,sur la terre, pour voir... Pour l'instant, je m'en vais en suivant les avions et leur sillage de blanc dans le ciel azur. Le grand pins se tord sous le vent qui souffle , qui souffle... Mes yeux suivent l'horizon et passent au travers... Ca y est, vado via ...


 

Lorca...

le 08/06/2006 à 15h16

                                                     "  Adieu


      Si je meurs


Laissez le balcon ouvert.


L'enfant mange des oranges.


De mon balcon je le vois.


Le moissonneur fauche le blé.


De mon balcon je l'entends.


      Si je meurs


Laisez le balcon ouvert !"


Aller, encore un autre:


                                                " Romance somnanbule


Vert c'est toi que j'aime vert,


Vert du vent et vert des branches,


Le cheval dans la montagne


Et la barque sur la mer.


L'ombre à la taille, elle rêve,


Penchée à sa balustrade,


Vert visage, cheveux verts,


Prunelle de froid métal,


Vert c'est toi que j'aime vert,


Et sous la lune gitane


Tous les objets la regardent,


Elle qui ne peut les voir."


Ce morceau là c'étais un extrait parce que le poème est long.


et pour finir, mon texte du TNT:


" La lune ne se laisse pas voir à la fête


 Il y a trop de lune dans l'herbe,


 Tout veut jouer à la lune,


Même la fête est une lune en sang tombée sur la ville.


Lunes microscopiques dansant aux vitres,


D'autres se posent, sur les nuages lourds de la fanfare.


La lune de l'azur ne se laisse pas voir à la fête.


Elle se voile, elle soupir,


J'ai mal aux yeux."

Toi...

le 07/06/2006 à 15h15

                                                    "Toi,


tu t'en vas. Tu t'en vas. Tout s'en  va. Aurevoir. Du fond du coeur, du fond du fond, du fond de là ou on ne sait pas. Merci d'être toujours présent même lorsque nous ne sommes pas "mardi". Merci d'être de ces personnes que l'on ne croise que trop peu souvent. Merci de faire parti de celles que l'on rencontre. Merci pour tout ce que tu nous donnes, merci pour le théatre. Merci pour ce sourir et ce calme. Pour cette patience et cette tendresse. Merci de nous apprendre à être humain. Merci d'être humain . Merci d'être toi. Merci d'être... Michel.


Plus jamais. C'est fini, c'est fini ! Mais puisque tout ce que l'on aime s'en va un jour, alors, je vais faire comme toi. Ne pas en dire trop. Seulement le nécessaire: merci de nous avoir montré le théatre. Mais rien ne s'arrête, s'il vous plait, baissez le rideau. Je serais toujours là à attendre. Nous serons toujours là à attendre. Nous, ton armée, tes élèves. Ceux qui pensent haut et fort:  on a qu'une vie.


                                                      NOIR."


      Ca, c'est de moi un truc que j'ai écrit, le mot de la fin que j'ai lu le soir de notre représentation aux RTS. Mais comme on l'entend si souvent, peut-être que le commencement est dans la fin... 


  "  Michel, mon très cher Michel, aurevoir..."


Une petite phrase d'Aragon, pour toi, qui l'aime tant: "J'ai devant le matinl'étonnement des oiseaux. Cela n'est pas sérieux à mon âge."


Peut -être que, désormais, toi aussi, tu verras comme un enfant, le calme matin dans les yeux d'un oiseau qui se lève.  Léger...

ha...

le 06/06/2006 à 20h25

tout ceci au risque de rentrer dans le mur...


Je suis un petit clown et je vous enmouise, messieurs, vous qui pensez que l'on ne peut pas vivre en étant commédien. Que l'on doit avoir un bon salaire pour etre heureux, alors vivez donc et crevez y avec tout votre pognon...

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